L'historique du Prieuré de Bléron

Le site de Bléron   
    Le prieuré de Bléron est situé dans la forêt domaniale d’Allogny et fait partie de la commune de Saint-Martin d’Auxigny.

Au Moyen-Age, Bléron se trouvait sur le «chemin des forêtins» qui reliait les résidences de Mehun-sur-Yèvre et la Salle-le-Roy aujourd’hui détruite. La présence d’une source, toujours visible, et de nombreux ruisseaux a incité les moines à s’installer dans ce lieu en lisière de forêt. Le prieuré était constitué de la chapelle du XIIIème siècle, de la maison du prieur daté du XVe et de la maison des frères du XVe dont il ne subsiste qu’un pan de mur. L’ensemble formait un enclos entouré par les prés et champs cultivés par les frères ermites.

Longtemps délaissée, cette enclave au milieu de la forêt a perdu soixante-quinze pour cent de sa surface entre les années 1960 et les années 1990. L’actuelle clairière qui entoure le prieuré est le dernier témoin du travail réalisé par les moines de Bléron.

Fondation   
    La fondation du prieuré de Bléron est attribuée à Philippe-Auguste, roi de France. En 1181 il accorde une rente annuelle en argent et en vivre, prélevée sur le domaine de Bourges, afin qu’un office religieux soit célébré chaque jours pour le salut de l’âme de Louis VII et de ses prédécesseurs. Le prieuré est placé sous la dépendance de l’abbaye Augustinienne Saint-Ambroix1  de Bourges.

Il est probable que l’origine du prieuré soit plus ancienne encore et qu’un petit groupe d’ermites ait vécu sans règle avant d’éprouver le besoin de se structurer autour d’un ordre monastique.

L'historique du Prieuré de Bléron

Les Bonshommes  de Bléron   
    Peu de détails nous sont parvenus sur la vie spirituelle au prieuré. Constitués de quatre religieux et d’un «frère prieur», les «bonshommes» de Bléron avaient la réputation d’être pauvres, bien que, dès 1189 des dons privés s’ajoutèrent au revenu royal. La communauté vivait de l’élevage de bétail et de la culture des champs autour du prieuré.

Les frères de Bléron appartenaient à l’ordre mendiant des Augustins et en suivaient les règles : le renoncement aux biens personnels, chasteté et obéissance à un prieur 2. Leur journée était rythmée par des temps de prière imposé.


Le déclin du prieuré   
    Les frères résideront à Bléron jusqu’au début du XVIe siècle. Les guerres civiles et la réforme de la coutume en Berry auront raison de la vie monastique. Après 1539, le prieur n’est plus qu’un titre disputé entre d’importantes familles pour bénéficier des revenus du prieuré. Le prieur ne réside plus sur le site et n’entretient plus de lien avec l’abbaye Saint-Ambroix et en 1680 le titre de prieur quitte le territoire du Berry et n’y reviendra plus.

Si les moines n’occupent plus le site, Bléron continue d’être un lieu de culte jusqu’à sa vente comme bien national en 1791, après la révolution française. Dès lors la propriété privée est louée comme ferme au cœur de la forêt domaniale.

Il faudra attendre 1991 pour que l’état Français rachète les vingt-six hectares du site de Bléron et les remette à l’Office National de Forêts.

L'historique du Prieuré de Bléron

L’association du Prieuré de Bléron   
    En 1996  une association se forme avec pour ambition la création d’une «maison de la forêt» dans le logis du prieur. La réhabilitation n’a pas eu lieu.

En sommeil depuis 1998 l’association du Prieuré de Bléron renaît en juin 2010. Ses  principaux objectifs sont de sauver l’église du Prieuré et de mettre en valeur ce lieu fréquenté par de nombreux promeneurs. Avec l’autorisation de l’office national des forêts, les bénévoles, par un sérieux débroussaillage, mettent en lumière et en sécurité le site de Bléron. L’organisation d’événements culturels a permis de récolter des fonds pour la mise hors d’eau de la chapelle. La toiture de tuiles a été déposée afin d’alléger les charges qui pesaient sur la charpente. Une bâche recouvrant le toit assure la protection de l’édifice en attendant de plus amples travaux.

Les manifestations culturelles ont surtout permis de valoriser et d’attirer l’attention sur ce patrimoine en péril. La Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC), par un arrêté  signé du Préfet de la région Centre le 8 août 2013 (n° 2013220-0002, enregistré le 9 août 2013 sous le n° 13.179) porte inscription au titre des monuments historiques le prieuré Saint Gilles et Saint Loup de Bléron.

L’association cherche désormais une maîtrise d’ouvrage prête à entamer les travaux de rénovation sur la chapelle.

La présentation du prieuré est librement inspirée des recherches réalisées en Mars 2013 par Anne-Isabelle BERCHON avec son accord. Ces recherches ont permis l’inscription aux monuments historiques.

Rédigé par Julien

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