Publié le 12 Avril 2020

La lettre de printemps 2020

Et si on parlait de Bléron ?

La question tombe sous les sens, me direz-vous, on est là pour ça !

Par ces temps de confinement, parler de Bléron, à défaut de pouvoir s’y rendre, peut être une échappatoire salutaire pour l’esprit. Alors, asseyez-vous confortablement dans votre canapé, à défaut dans ce vieux fauteuil élimé hérité du grand-père ou, pourquoi pas, sur la vielle souche au fond du jardin, parmi les muscaris et les primevères, là où à l’automne vous avez l’habitude de venir casser quelques noisettes, et fermez les yeux.  Là, vous y êtes …

 

A Bléron, la clairière perlée de rosée est encore dans l’ombre. Les premiers rayons lumineux s’accrochent aux canopées encore décharnées des chênes. Les troncs rose saumon des quelques grands pins sylvestres dispersés dans la futaie luisent doucement sous la lumière neuve. Lentement, de l’est, le toit de la chapelle se couvre de lumière jaune, à la façon de la vague sur le sable. La lumière coule ensuite le long des murs. Un premier rai filtre à l’angle d’une fenêtre puis, d’un coup, investit des pans entiers de murs. Aux pieds de l’édifice, le suintement de la fontaine susurre une chanson vieille comme le monde. Discrètement, sans tambour ni trompette, le monde de la nuit s’éclipse à regret, à pas feutrés, à vol ouaté, effarouché par cette lumière impudique. Il abandonne la place à un autre peuple, coloré et bruyant. Les sangliers qui avaient entrepris de labourer méthodiquement le terreau humide de la clairière refluent vers leurs bauges au plus profond des ronciers. Les blaireaux, après avoir fait bombance de lombrics bien gras, disparaissent sous terre. Les chouettes regagnent leurs perchoirs diurnes camouflés dans les feuillages du lierre ou dans les cavités des arbres creux.

Bientôt, la futaie résonne des tambourinements et des ricanements des pics. Un rouge-gorge, perché sur une souche, égrène ses trilles liquides. Quelque part, à vingt mètres d’altitude, la grive musicienne se chauffe la voix avec des vocalises qu’elle répètera inlassablement tout le long du jour. Chaque matin, les choses se mettent ainsi en place, dans un ordre bien établi. Chaque matin, des voix nouvelles, celles des migrateurs de retour des régions situées plus au sud, viennent compléter cette palette musicale. La fauvette à tête noire claironne sa présence sans retenue. Plus discrets, les pouillots couleur de feuilles disputent aux mésanges le droit d’inspecter le moindre repli d’écorce. Chaque espèce trouve sa place, les scientifiques parlent de niche écologique, dans ce monde de cathédrale en plein air.

 

Durant l’hiver qui vient de s’achever, Bléron a franchi un nouveau pas vers la résurrection. Un bon géant aux mains d’or est passé par là. Des glacis aux linteaux, trois fenêtres ont fait peau neuve.

Malgré les finances à plat il nous faut envisager la suite et dégager des priorités. Des vitraux ? Il faudra bien en arriver là pour fermer la chapelle aux courants d’air. L’écroulement d’un pilier de soutien à l’angle sud-ouest de la bâtisse fragilise les murs. La vraie priorité est là. Ceci pour vous dire, chers adhérents et chers sympathisants, que Bléron compte toujours sur vous pour continuer l’œuvre entamée il y a maintenant presque dix ans. D’ailleurs, si l’évolution de la situation actuelle nous le permet, nous le fêterons ensemble ce dixième anniversaire !

 

Le secrétaire, Jean-Paul Thévenin

 

 

Manifestations prévues

 

La chasse aux œufs, programmée le 13 avril, est annulée.

La rando’ de Bléron en forêt d’Allogny, programmée le 26 avril, est annulée.

 

Le 2 juin il est prévu de fêter le 10è anniversaire de notre association sur le site même de Bléron. Là aussi sous réserve d’une évolution positive de la situation sanitaire.

 

Vous serez bien entendu informés de la suite donnée à ces manifestations.

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Rédigé par Julien

Publié dans #Lettres Saisonnières

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