Journées du Patrimoine du 16 et 17 Septembre 2017

Publié le 2 Octobre 2017

Si ces journées bien relayées par les médias drainent surtout les cohortes des amoureux du patrimoine vers de grands musées ou des châteaux remarquables, le petit Prieuré de Bléron, tapi dans son écrin de verdure forestière, fait de nouveau partie des belles pierres anciennes à découvrir… ou à redécouvrir !  Comme pour ce couple de retraités emmené samedi à grandes enjambées par monsieur qui revenait sur des lieux familiers, fréquentés dès 1960, lorsqu’il venait tous les matins en Solex à l’âge de 14 ans pour labourer la terre devant le Prieuré, employé qu’il était par le pépiniériste Tourly à faire pousser dahlias et chrysanthèmes sur le domaine de Bléron, vaste alors de plus de 35 Ha …

            Mais où est passé l’étang qu’il a connu ? Il ne reste qu’une combe asséchée mais il imagine encore les arbres s’y refléter… Les clôtures en fer ont disparu mais il reconnaît pourtant les frontières invisibles de l’exploitation agricole… Plus de ferme ni d’animaux mais Il croit entendre les chèvres rentrer dans la chapelle et sentir l’odeur tenace de la porcherie écroulée toute proche. Comment n’a-t-il pas remarqué que la vigne pousse toujours le long de la maison du Prieur et que ce vieux cépage produit encore de beaux raisins rouges fort goûteux ? Parce qu’il s’agit pour lui d’un retour aux sources, que l’on sait toujours claires et limpides… alors il descend justement la clairière vers la source de Bléron… Il y a bien toujours là le carré en ciment délimitant le bassin de rétention et l’eau y coule encore, mais juste un filet maintenant. Alors, il se met à remuer la terre, avec les pieds, puis avec un bâton ramassé là, soulève ensuite une grosse pierre et - sous mes yeux incrédules et ceux écarquillés de madame - il s’accroupit et creuse à mains nues la terre pour retrouver cette fameuse  buse - qu’il vous jure - doit être là juste en face. « Ah si j’avais une pelle ! » s’écrit-il enfin avant de se relever et de s’éloigner. « Il faudra revenir ! », lui fis-je remarquer, « c’est un chantier inachevé ! » Il est certain qu’il reviendra, car si cette visite a réveillé en lui bien des souvenirs de jeunesse, le travail méticuleux des artisans et l’acharnement des besogneux ont déjà rendu à la chapelle une partie de son charme d’antan et il s’en dégage un calme apaisant et quelque peu troublant qui donne envie d’y revenir.

            Pendant ce temps-là, d’autres mains moins calleuses creusaient la tourbe dans de petits pots en terre cuite, à l’Ecole de la Forêt. C’était un atelier improvisé dans la chapelle et donc destiné aux enfants, qui leur a permis de planter quelques glands qui deviendront, qui sait un un jour, de grands chênes. Un panneau extrait des « sentiers de découverte de Bléron en forêt domaniale d’Allogny» (Cher) leur expliquait aussi les différentes étapes de la croissance d’un massif forestier, du semis initial jusqu’à la vieille futaie largement centenaire.

            Et le dimanche à Bléron ? Pensez-vous qu’on n’y vit que quelques pékins ? Pas du tout… Malgré le temps plus maussade que la veille, encore une trentaine de visiteurs, parmi lesquels justement un groupe de six ou sept chinois, qui avaient préféré venir jusqu’à la chapelle plutôt que d’alller chiner à une brocante. L’un d’eux s’apprêtait d’ailleurs à repartir en Chine, avec la ferme intention d’y faire connaître notre édifice avant son retour en France prévu le 5 novembre prochain. Bientôt des cars de chinois au carrefour de Bléron ? Il n’est pas interdit de rêver !

 

                                                                                              Yves LUCAS

                                                                                              Membre Associé

Rédigé par Julien

Publié dans #Les actions de l'Association

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